3/ 12ème RCA Algérie

3/ 12ème RCA

01 avril 2010

 Février 1963 - Mai 1963 - - Sainte-Cécile, BougieGorges de Kerrata.

 
                                                                                                                       Collection CAuboin reproduction interdite
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22 mai 1963 - Sainte-Cécile - 3 jeeps de l'escadron font escorte d'un convoi de Philippeville à Bône.
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Début juin 1963 - Ferme Sainte-Croix
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                                                                                                       Collection J.F. de Villiers
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                                                                                                       Collection J.F. de Villiers
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                                                                                                         Collection J.F. de Villiers
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début juin 1963 - Ferme Sainte Croix - Le S/Lieutenant de VILLIERS
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                                                                                                       Collection J.F. de Villiers
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Début juin 1963 - Ferme Sainte Croix - Le S/Lieutenant AUBOIN
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                                                                                                                       Collection C Auboin
12 juin 1963 - Signatures d'Officiers et de S/Officiers de l'Escadron au départ du S/Lieutenant AUBOIN :
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13 juin 1963 - Tirs AMM8 à la Grande Plage à Philippeville.
3 juillet 1963 - Au programme : tirs au PM et au PA de jour et de nuit.
4 juillet 1963 - Tirs mitrailleuse de 30 et canon pour deux Pelotons AMM8.
6 juillet 1963 - Visite à l'Escadron du Chef d'Escadrons Commandant le Groupe d'Escadrons de Philippeville.
Juillet 1963 - Ferme Sainte-Croix - Le Peloton de VILLIERS, adjoint le MDL/Chef DEBLANGY
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                                                                                                           Collection J.F. de Villiers
Le 3ème Peloton 
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                                                                                                             Collection J.P. Follet
Chambrée du 3ème Peloton avec punaises 
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                                                                                                             Collection J.P. Follet
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Le Chasseur Jean-Pierre FOLLET devant un de ces murs de cactus où se réfugiaient les vipères ! 
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                                                                                                                           Collection J.P. Follet
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Juillet 1963 - Ferme Sainte Croix - Le Brigadier Claude GRANDJEAN et le chien "Sultan" donné par le Peloton Cynophile. 
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Collection C. Grandjean
Juillet 1963 - Ferme Sainte Croix - Le Brigadier Claude GRANDJEAN sur le parking devant la ferme.
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Collection C. Grandjean
14 Juillet 1963 - Prise d'Armes du Groupe d'Escadrons de Philippeville sur le terrain d'aviation de Valée.
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                                                                                                               Collection J.P. Follet
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                                                                                                             Collection J.P. Follet
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                                                                                                               Collection J.P. Follet
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                                                                                                                Collection J.P. Follet
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Fin juillet 1963 - Départ de l'Escadron des fermes de Sainte-Cécile et Sainte-Croix pour Philippeville, laissant sur place un élément qui servira à l'encadrement d'un Peloton d'Elèves Gradés CA1 en Août et Septembre.
Une escorte de convoi sensible.
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                                                                                                               Collection J.P. Follet 
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Le Chasseur FOLLET entretien son AM M8. 
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                                                                                                                Collection J.P. Follet
1er août 1963 - Tirs aux armes individuelles à Philippeville.
12 août 1963 - Une jeep armée part en escorte à Bougie.
21 août 1963 - Tirs aux armes collectives au pas de tir de la Grande Plage à Philippeville.
12 septembre 1963 - Inspection du Général de MENDITTE, Inspecteur de l'Arme Blindée et de la Cavalerie au 2ème et 3ème Escadrons.
16 septembre 1963 - Un Peloton de l'Escadron escorte un convoi sensible de Philippeville à Bougie. retour le lendemain en passant par Bône.
29 septembre 1963 - Prise d'Armes à Philippeville pour la dissolution de la 2ème Division.
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Fin septembre 1963 - Déménagement de Philippeville au camp de la Plaine à Bougie 
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                                                                                                                 Collection J.P. Follet
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Fin Septembre 1963 - Bougie - Regroupement de l'Escadron avec tout le 12ème R.C.A. au Camp de la Plaine.
Le Chasseur Jean-Pierre FOLLET fête ses 20 ans en montant la garde.
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Préparatifs au retour en Métropole.
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                                                                                                               Collection J.P. Follet
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RECITS CONCERNANT L'ESCADRON :
12_RCA_JUIGNER_petit_copie MDL Pierre JUIGNER - 57 1/C - 4ème Peloton.
Après mes passages au 5ème et au 21ème Dragons, après avoir traversé le Maroc de Oujda à Casablanca en 8 cantonnements, nous sommes dirigés vers l'Algérie, en avion jusqu'à Oran, puis par le train et camion, arrivée à Bordj Aïn Hamiane pour peu de temps. Il faut dire que notre régiment avait la bougeotte. C'est le 20 février 1959 que le 21ème Dragons est dissous. Nous découvrons le 12ème RCA et son 3ème escadron basé au Ksob. Quelle surprise de muter dans un régiment aussi prestigieux: Fourragère, la Distinguished Unit Citation sur la poitrine, ceinture rouge des Chasseurs, nous avons fière allure avec nos tenues beiges. Peloton à pied, le seul de l'escadron, nos missions vont être différentes au milieu des AMM8, Half-tracks et chars. En interventions ponctuelles, lors des opérations "Etincelle" et "Jumelles", nous côtoyons la Légion du 3ème REI.
A la ferme SAR, où le Capitaine CHARPENTIER nous envoie, je serai l'adjoint du Chef J.C. BRICHE. Nous serons d'alerte jour et nuit sous les ordres du Chef d'escadrons LE DUC. Les missions se multiplient: découvertes de caches, accrochages et embuscades tendues. A la ferme, un peloton cynophile de 12 chiens partage la garde avec nous. Notre peloton est choisi pour rendre les honneurs au Général-Président de GAULLE.
Je quitte le 12ème RCA fin octobre 1959.

 

CL de BADTS portrait

 Colonel Gérard de BADTS

En effectuant une recherche, je suis tombé sur des images qui m’ont conduit au 3° Escadron du 12° R.C.A. en poste à MAC DONALD (Juillet 1962). Intrigué, j’ai parcouru l’excellent site consacré à ce beau régiment de l’Armée d’Afrique que j’avais connu étant enfant au MAROC.

En 1961-62, j’étais Sergent E.V. à la Harka 903 du I/7°R.I. Notre Bataillon tenait le Secteur immédiatement au nord de MAC DONALD. Dans la première quinzaine de janvier 1962, nous avons reçu la mission d’occuper le poste de MAC DONALD laissé vacant par le 1° Escadron du 1° R.C.A. en mission sur ALGER. Nous sommes restés dans ce curieux poste jusqu’au 24 février 1962. La Harka 903 est donc un des maillons de la présence française pendant la guerre d’ALGERIE dans ce hameau pour lesquels MAC DONALD évoque toute autre chose que la mémoire d’un glorieux général du 1° Empire.

Nous avons reçu nos consignes d’un escadron du 3° Régiment de Hussards et nous avons fait l’état des lieux avec le chef de l’élément post curseur du 1° R.C.A.

L’emprise militaire était partagée en deux par la route SETIF-B.B.A.

Au nord, un mess et des logements cadres, au sud, ce qui nous parut être un parc à chars. Il nous fut indiqué que l’on devait garder les deux emprises et loger les harkis au nord. Dès le départ du dernier élément du 3° R.H., notre Lieutenant, estimant parfaitement inutile de garder des murs vides, a regroupé toute la Harka sur le parc à chars.

Ce parc à chars n’avait pas grand-chose à voir avec ce que le plan en couleurs du site suggère. Aucun arbre, aucune trace de végétation, un lieu ouvert à tous les vents, bordé d’un réseau barbelé qui ne nous parut que moyennement dissuasif. Sur la partie ouest, trois groupes de mechtas bricolées auxquelles nous n’avions pas accès. Au coin de l’une d’elle un obusier que l’on nous désigna comme poste de sentinelle face à l’entrée RN 5. Un hangar le long de la RN 5 dans lequel nous avons logé nos 45 harkis. Le long du barbelé, coté sud, une guitoune 56 faisant office de poste de police dans laquelle le Lieutenant et les deux Sergents se sont installés. Il n’y avait rien d’autre, si ce n’est le mat des couleurs, l’abreuvoir et les feuillées.

CL de BADTS Mac Donald 1

Le Sergent de BADTS devant le mat des Couleurs sur l'emplacement du parc à chars de Mac Donald

L’entrée des véhicules côté cour a été condamnée, un harki guettait les abords de l’entrée RN 5. Nous avions tous nos armes et nos munitions à portée de main. Ainsi nous avons assuré notre propre sécurité. Notre Lieutenant ayant estimé qu’il n’y avait rien à garder, nous n’avons rien gardé et avons poursuivi nos habitudes en crapahutant jour et nuit à la recherche des fells. Dans la journée, il n’y avait généralement personne sur le parc à chars du 1° RCA !!

Nous avons participé à quelques opérations de Secteur ou de Bataillon, Jour et nuit nous avons fouillé la zone au Nord-ouest. Nous avons contrôlé les nomades NAÏLIS et leurs kheima au Sud. Nous avons vu des paysages magnifiques.

Mais tout cela dépasse le cadre de l’évocation du poste.

Fin février, il a tellement neigé que nous sommes restés coincés dans nos barbelés. Au bout de quelques jours, n’ayant plus de quoi manger, nous avons abandonné MAC DONALD et nous frayant un chemin dans l’épaisse couche de neige, très péniblement migré vers AIN ARNAT en nous guidant sur le haut des poteaux télégraphiques. Notre errance ressemblait un peu à celle des « CHEYENNES ».

Le 24 février 1962, réconfortés par les aviateurs, nous avons rejoint nos cantonnements d’AIN ABESSA sans repasser par MAC DONALD.

 

M Claude FREJAVILLE, fils de l'Employé des Ponts et Chaussées au barrage Ksob:
Je suis né à BBA en 1950 et mon père était responsable du barrage du Ksob de 1946 à 1962 (Le barrage avait été mis en eau en 1940). Notre famille était donc au contact des militaires qui ont occupé le poste et donc du 12ème RCA, dont nous avons gardé un bon souvenir. Notre maison se trouvait juste à côté du mess. C'était la seule maison au toit en ardoise blanche. J'ai des souvenirs d'enfant sur le Ksob qui était notre lieu de vacances ( nous étions en pension à Bordj que j'ai quitté après les évènements sanglants du 1er novembre 1961). Je me suis trouvé au Ksob avec mes frères et ma soeur jusqu'en juin 1962, date de notre départ définitif avec ma mère pour la France, via Alger. Seul mon père, employé par les Ponts et Chaussées au barrage était resté et restera jusqu'après votre départ du camp. De cette période, je n'ai gardé que de très rares souvenirs... Je me souviens que l'on tuait des ânes pour nourrir les chiens. Je me souviens de la terrible punition qu'avait subi un militaire, forcé de courir avec un sac de pierre au dos en plein soleil sur la place. (libérable, il avait volé l'argent de ses copains de chambrée, me semble-t-il, et avait jeté les portefeuilles dans les feuillées). Il fut attrapé avant son départ et mis en prison. Sachez que nous avons vu passer au Ksob, depuis 1955, de nombreux régiments : le 5ème Régiment du Génie (1956), le 3ème RCA du Capitaine ARGOUD avec ses EBR (1956), les tirailleurs algériens (1957), le 8ème Spahis (1958), le 4ème Zouave (1959 ou 1960), et à deux reprises, le 12ème RCA (1960, puis 1961-1962). Seul le 5ème RG, constitué des rappelés de 1956, nous a laissé un mauvais souvenir... tirailleurs; spahis, zouaves et chasseurs d'Afrique furent impeccables, comme d'ailleurs les GMS. Que vous dire d'autre, si non que l'évocation du Ksob est une source d'émotion et que les photos sur votre site ont pour moi une valeur inestimable...
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12_RCA_DE_BRITO_petit Chasseur Daniel DE BRITO. 60/1B. PHR . :
Au bout des trois mois de classe au camp du Lido arrivait alors la "ventilation". Chacun partait dans un régiment différent.
Nous prîmes le train mais cette fois ce n'était même pas la 3ème classe. Nous étions dans des wagons à bestiaux avec de la paille au sol comme du bétail. La SNCFA (la SNCF algérienne) se moquait du bien être des militaires. Pas de toilettes et pour faire nos besoins nous ouvrions la porte coulissante. De simples militaires en armes dans quelques wagons en tête et en queue étaient là pour assurer la sécurité du convoi. Que ce serait-il passé si une attaque avait eu lieu de l'intérieur du train ? Ces quelques militaires étaient perdus d'avance. Il était facile de les éliminer un par un sans bruit. En tête du convoi, il y avait en général deux wagons plats pour protéger la motrice. Si une mine se déclenchait au passage du convoi seul ces wagons sautaient et la motrice était intacte, mais si la bombe était à retardement cette protection était inefficace. Nous avons toujours eu une impression de vulnérabilité. Heureusement pour nous le F.L.N. n'était pas tellement armé, mais, par contre, en embuscade, il pouvait y avoir de grandes pertes dans nos rangs.
La voie ferrée longeait la côte jusqu'à Ménerville.Le paysage était verdoyant, les grands domaines se succédaient régulièrement. Passé cette ville, nous primes la direction de Bouïra en nous enfonçant vers le sud-est, vers la Kabylie. En gravissant les premiers contreforts montagneux, le train ralentit fortement sa marche. Bientôt des tunnels se succéderont. Á chaque sortie de tunnel nos yeux étaient éblouis par la forte luminosité. Nous suivions les cours d'un oued et souvent le site était grandiose. Nous arrivions dans les gorges de Palestro, de sinistre mémoire pour les militaires. En début de la guerre d'Algérie, c'était là qu'avait eu lieu des embuscades meurtrières. Nous étions surpris de voir des militaires qui protégeaient cette voie ferrée à quelques mètres de nous dans des constructions de trois ou quatre mètres de coté qui rappelaient des forts. Quelquefois, c'était au sommet d'un pic que l'on apercevait de semblables constructions avec le drapeau français qui flottait au vent. Leur isolement était total, nous ne les envions pas. Mais nous-mêmes que nous réservait notre avenir ?
De Palestro à Bouïra, la voie ferrée longeait constamment la Nationale 5 parallèlement, et à moins de cent mètres. Quelle belle cible nous faisions si on nous mitraillait depuis la route ! Il était facile de nous éliminer puisque nous étions toujours identifiables dans les wagons à bestiaux, alors que les civils étaient dans des compartiments de 2' et 3' classe.
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                                                                                                                Collection J. Renault Voie ferrée Alger - Bordj Bou Arreridj en 1961
Arrivait ensuite la ville de Maillot, cette fois notre convoi se dirigea plein sud vers Bordj Bou Arreridj appelé communément BBA. Sur cette portion se situent d'autres gorges toutes aussi redoutées que celles de Palestro : les portes de fer. Les pics culminent à plus de mille deux cent mètres d'altitude. Ensuite, c'est une lente descente vers BBA, ville située encore à près de mille mètres d'altitude. C'était aussi le terme de notre périple en chemin de fer. Des camions nous attendaient à la sortie de la gare, nous n'étions qu'une dizaine complètement égarés, mais nous nous sommes vite retrouvés bousculés vers les camions.
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Collection DRadice Bordj Bou Arreridj Mars 1961.
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Depuis quelques temps, les camions suivaient le lit de l'oued Ksob. La descente vers M'Sila fut cahotique, c'était une simple route départementale et nous n'étions pas ménagés dans les courbes. L'oued Ksob devenait de plus en plus large mais peu d'eau y coulait. Bientôt, nous vîmes un grand barrage qui servait à l'irrigation de la région. Je ne savais pas encore que j'allais être affecté à cet escadron. Le soir, nous arrivâmes au PC du 12' RCA à M'Sila complètement harassés par les conditions du voyage.
Réunis au PC nous fûmes dirigés selon notre affectation dans un des pelotons du régiment. C'est ainsi que je fus muté au 3° Escadron et nous reprîmes la route en sens inverse pour retrouver un camp qui protégeait un barrage sur l'oued Ksob dont notre escadron assurait la protection conjointement avec uneHarka et où étaient regroupés tous les gens d'un village dont nous assurions aussi la protection. Nous étions arrivés au terme de notre voyage: le camp du Ksob. Cette fois je devins "Chasseur De Brito Daniel". Epuisés par le voyage et la chaleur nous dormions tous profondément lorsque soudain les armes se mirent à cracher de partout, on nous fit sortir en rampant en disant que l'on risquait beaucoup en restant dans les habitations car c'était là que tombaient les grenades.
- Baissez votre cul bon dieu, vous allez vous faire flinguer .....
Presque tous en slip sans armes et complètement égarés nous ne comprenions rien à tout cela, nous rampions à s'en user les coudes. Les mitrailleuses crachaient des balles traçantes dans la nuit. Nous étions paniqués, puis doucement tout se ralentit et finit par des éclats de rire autour de nous. C'était en fait cela leur bizutage et il n'y avait pas eu d'attaque de notre camp. C'était mieux ainsi mais tout le monde a bien eu la frousse, nous voir tous ramper au sol était vraiment amusant pour eux.
En fait au camp du Ksob nous n'y restâmes environ qu'un mois. Nous apprîmes un futur déménagement vers Bir Guélalia. Ce nom ne nous disait rien mais en fait c'était un tout petit village invisible sur les cartes sauf sur celles d'état-major. Il fallait passer M'Sila descendre plein sud vers Bou-Saada la porte du désert ensuite une piste permettait de contourner le chott El Hodna où terminent les derniers contreforts des monts El Hodna. De la montagne nous passions à la plaine.
Le mot Bir en arabe veut dire puits c'est ce qui explique que la piste des puits était jalonnée de noms de village commençant par Bir : Bir el Arbi, Bir Guélalia etc ..Bir Guélalia était vraiment loin de notre P.C. Une journée en passant par cette piste qui contourne le Chott durant la mauvaise saison par Baniou et Bir el Arbi. Encore fallait-il traverser certains petits passages de fech-fech qui est du sable avec une densité comme de la farine. A grande vitesse ça passait car ce n'était que quelques mètres de difficulté. Ensablé dans ce fech-fech la seule solution était de tracter le véhicule. A la belle saison quelques heures suffisaient car c'était direct en traversant le Chott asséché. Chaleur accablante et poussière aussi nous mettions des chéchias autour du cou pour éviter la poussière et se protéger. Il fallait vivre comme les arabes et s'ils mettent des chéchias ce n'est pas sans raison. Au cours d'une de ces liaisons nous sauvâmes des gens qui s'étaient perdus et n'avaient plus d'eau. Nous avions toujours de l'eau en réserve et ils ne durent leur vie qu'au fait que nous sommes passés par là.
A Bir Guélalia, nous prîmes possession d'une école en dur qui devint notre base où il y avait la radio et l'armurerie ainsi que les bureaux. Au début pas de cuisines, il a fallu les construire. Nous mangions avec des boites de "singe" de cinq kilos tout le monde tapait dedans avec une miche de pain. Nous avions du lait en poudre par sac de 25 kilos. C'était vraiment le pique-nique. Petit à petit tout s'est amélioré. Nous mêmes étions logés sous des grandes tentes de toile. Un misérable muret de terre était notre seule protection. Dans ce village avant notre arrivée nous savions que le F.L.N. y montait son drapeau c'est dire que le village nous était hostile. Nous n'étions pas les bienvenus c'était clair. Le centre du village était le puits artésien où les caravanes se ravitaillaient en eau. De là partaient des quantités de rigoles qui irriguaient tous les champs du village disséminés sous la palmeraie. Tout cela était bien fait et il faisait frais dans ces champs sous les palmiers dattiers.
Les liaisons P.C. sur M'Sila étaient pour la paye des militaires, les pièces détachées et le courrier aussi je faisais souvent partie de ces convois. A la mauvaise saison même par la piste des puits souvent ce n'était pas praticable. Le ravitaillement ne pouvant arriver, il fallait se nourrir aussi nous achetions quelquefois des moutons aux fellahs du village (paysan). Il nous est arrivé de manger du cheval ou de l'âne ou encore du chameau que nous abattions nous-mêmes. Le goût du chameau ressemble à celui du bœuf ainsi que l'âne. Ce qui était important c'était que la bête soit tendre aussi c'était parmi les jeunes bêtes que nous faisions notre choix. Etant au PHR (peloton hors rang) nous nous composions de radios, comptables, armurier, foyer, boulangers et bouchers (de métier civil). Ce n'était pas un problème pour ces bouchers d'abattre ces animaux et de les dépouiller.
Notre commandant avait l'intelligence d'utiliser au mieux les compétences civiles. Nous avions de véritables bouchers, menuisiers et boulangers. Pour le pain, il n'était guère possible de le conserver aussi le commandant a acheté un pétrin à moteur ainsi qu'un four et nous avons construit de nous-mêmes notre boulangerie. N'ayant aucun matériaux nous avons construit selon la méthode des arabes qui en fait dans ces pays est la méthode idéale. Un rectangle en bois de la taille d'un parpaing servait de base. De la paille hachée et de la boue qui servait de liant. Le parpaing était ensuite démoulé. Il séchait rapidement et la construction pouvait s'élever. Le ciment entre les éléments était évidemment de la boue mais curieusement ce mélange un fois très sec ne laissait pas passer la pluie. Le toit était en branches de palmiers finement assemblées côte à côte et recouvert aussi de boue et de paille. Nous eûmes vite la chance d'avoir du pain frais et le Dimanche un petit pain. C'était assez sympathique et si le boulanger était de garde, il se trouvait toujours quelqu'un pour le remplacer afin qu'il puisse faire son pain.
Le commandant nous laissait libre de nous arranger entre nous du moment que les gardes étaient assurées. Malgré tout il est arrivé que lors d'importantes opérations engageant beaucoup de monde nous nous retrouvions que quelques uns pour tenir aussi le boulanger aidait aussi et même notre gars du foyer qui était classé "sans port d'armes". Dans ces moments critiques c'est d'eux-mêmes qu'ils voulaient nous aider et eux aussi avaient à cœur de défendre leurs vies.
Après nos toiles de tentes et forts de l'expérience acquise pour la construction de la boulangerie nous avons construit des abris en dur pour nous mêmes. La vie y était mieux que sous les toiles mais il fallait faire très attention à la vermine. Il nous est arrivé de "planter" des grosses araignées velues avec la baïonnette de notre fusil. Le corps était gros comme une noix. Avant d'enfiler les chaussures il fallait les retourner et les taper au sol pour évacuer les scorpions qui pouvaient s'y trouver. L'hiver c'était un peu notre passe-temps d'extraire les scorpions qui s'étaient enfouis en terre. Nous les reconnaissions à la forme ovale du trou. Une fois déterrés nous tracions un cercle avec un peu d'essence et on les jetait au milieu du feu. Nous avions entendu dire que le scorpion se piquait lui-même dans ces conditions, ce n'était pas le cas mais ils ont bien grillé quand même.
Le courrier, principal moral de la troupe arrivait par les liaisons au moins une fois par semaine. S'il était impossible d'aller au P.C. à M'Sila c'était un "piper" petit avion qui nous lâchait le paquet de courrier ou les pièces pour la réparation des véhicules en faisant un rase-mottes au dessus du camp.
Au bout d'un certain temps nous eûmes des difficultés pour nous ravitailler en viande et légumes. Nous commandions alors par radio et un gros Nord Atlas (avion gros porteur avec deux queues servant au largage des parachutistes) arrivant de Constantine nous parachutait des vivres en faisant des passages répétés au dessus de la zone de largage (notre terrain de foot). Une grenade fumigène était allumée en premier et signalait ainsi le vent à l'avion pour larguer au mieux. Il y avait souvent du vent au raz du sol et quelquefois les parachutes allaient s'écraser sur des mechtas (maisons en terre) du village. Nous récupérions aussitôt notre bien mais il fallait aider les arabes à reconstruire leur maison. Quelquefois le parachute tombait en vrille en chute libre, si c'était des pommes de terre la purée était déjà faite. Après le dernier largage le Nord Atlas faisait un tout dernier passage au dessus de notre camp à très basse altitude dans un bruit d'enfer en rasant les tours de garde. Nous voyions bien les gars dans l'avion et c'était un signe d'amitié avant de repartir vers leur base.
Le village se composait au plus d'une centaine de personnes. Le puits au centre du village était évidemment le centre de la vie. Une fois par semaine il y avait un petit marché et sur place était abattus puis dépecés des moutons pour la vente. Nous achetions souvent des œufs pour nous faire des omelettes ou quelquefois des abats pour faire des brochettes. Les morceaux de viande étaient fixés grâce à des rayons de bicyclette. Une utilisation inattendue de ces rayons. Pour se nourrir nous élevions aussi des cochons. Un petit parc avait été aménagé avec quelques rangs de parpaings en terre. Les cochons ont grandi et un jour ils ont réussi à sauter ce petit muret. Les voila partis vers le village et nous qui courrions après. A peine les cochons étaient-ils entrés dans la mechta que les arabes sortaient en hurlant(à cause de leur religion ils avaient une répulsion pour les cochons). Comme par hasard nous avons été très longs à les récupérer. Nous nous amusions tellement de ce spectacle.
Nous faisions de l’A.M.G. (Assistance Militaire Gratuite) pour les arabes. Un véritable infirmier soignait. Que de maladies auraient pu être évitées simplement avec de l'aspirine ou même un minimum d'hygiène. Il était révolté de voir comment les femmes accouchaient à même le sol ou debout contre une échelle. Pour les arabes il était "toubib" et c'est ainsi que l'appelaient les malades. Certains traitements devaient durer plusieurs jours. Les quelques mots d'arabe étaient "redouar toubib" en gros reviens demain mais il voyait ces malades partir et ensuite ils ne revenaient plus. Comment dans ces conditions faire des soins efficaces.
Évidemment nous eûmes des attaques mais pas importantes ce n'est qu'un jour où nous étions au P.C. qu'un gars qui venait de manger avec nous le soir est parti en fermeture de route pour accompagner des véhicules. L'ouverture de route se faisait le matin de bonne heure et la fermeture le soir après le dernier convoi. Un blindé et des véhicules de défense "ouvrait" la route et les véhicules civils étaient escortés. En fin de convoi un autre blindé "fermait" le convoi. Il était rare de circuler en soirée mais le convoi devait passer. Surpris par un accrochage, le convoi revint mais un des gars qui avait mangé le soir avec nous était touché gravement au foie et il est mort durant le transfert. C'est la seule fois où j'ai été confronté avec un mort. Nous l'avons veillé toute la nuit et avons présenté les armes. Ensuite il fut introduit dans un cercueil en tôle qui fut soudé afin d'éviter la décomposition. Enfin il retournait en métropole, rendu à ses parents. Étant au secrétariat, j'eus à taper la lettre de condoléances pour la famille. Notre Commandant a écrit un texte où il était dit "mort pour la patrie", et qu'il était aimé de tous, qu'il était courageux etc... En tapant cette lettre je ne pouvais m’empêcher de penser à sa famille. J'y ai pensé pendant longtemps.
Bir Guélalia était en fin de compte très calme. Nous sortions souvent dans le village et faisions quelques achats tout en chevauchant des ânes qui traînaient partout. C'était notre passe-temps favori, quelquefois nous buvions le café avec des arabes que l'on connaissait. L'un deux nous avait surpris en nous montrant les médailles qu'il avait eues pendant la guerre de 39-45. Il aimait la France et ça se sentait.
Une nuit nous avons été réveillés par le tir d'armes venant du garde au mirador. Nous sommes sortis à toute vitesse en slip mais avec les armes. La sentinelle avait vu ramper derrière des cactus. Un feu nourri éclairé par les projecteurs s'en suivit. Plus rien puis le calme, aussitôt une Jeep sortit pour vérifier toujours sous l'éclairage du projecteur. Le F.L.N. abattu était en fait un pauvre âne qui s'était trouvé coincé dans les cactus et qui ne réussissait pas à se libérer. Le lendemain matin son propriétaire venait réclamer le prix. Il a fait une bonne affaire car rien ne prouvait que c'était le sien puisque beaucoup vagabondaient librement. Il ne fallait pas créer d'incident. Son âne lui fut largement payé.
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12_RCA_DASSE_petit Chasseur Daniel DASSE . 3ème Peloton . 61 2/A
Notre 3ème peloton du 3/12 R.C.A. était alors en poste à l'école des garçons de Mansourah des Bibans. C'était quelques jours avant l'indépendance, donc fin juin 1962. Il y avait eu une sévère bataille avec de l'eau dans notre chambrée entre deux chasseurs, puis la bataille s'est étendue à tout le peloton. Il y avait de l'eau partout, jetée par quarts, puis par seaux entiers. Entendant du vacarme, le capitaine GAVIGNET commmandant l'escadron a ouvert la porte et a immédiatement reçu...un plein seau d'eau au visage et sur tout le corps ! Le chef du 3ème peloton fut dans l'instant convoqué et le capitaine lui ordonna de sévir. A 23 heures, tout le monde debout en tenue de combat, départ en mission sur la N5, la grande route allant d'Alger à Sétif, y compris le margis ROY qui rentrait de permission et n'avait pu encore défaire son paquetage ! Toute la nuit s'est passée à mettre en place une embuscade, puis un contrôle d'identité de tous les camions qui circulaient sur la N5. Au retour au poste au petit matin, le peloton était calmé ! Quelques jours plus tard, tout l'escadron était regroupé dans les murs de la SAS toute proche. Malgré tout, cela reste de très bons souvenirs.
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12_RCA_YBERT_Albert_Soldat_petit Brigadier Albert YBERT . 59 1/C . 1er Peloton.
Voici un récapitulatif de mes 28 mois passés en AFN.
J'ai été appelé le 1er juillet 1959 à la caserne au Mans, habillement vieux vêtements 14/18, puis direction Marseille dans des wagons à bestiaux. Embarquement sur le "Sidi Mabrouck" en fond de cale, les rats nous accompagnaient. Arrivés à Alger le 5 juillet à la caserne "Hussen Day". Puis deux mois de formation, un mois de spécialité pour obtenir la qualification de pilote AMM8 avec option EBR. Ensuite, direction le bled, avec la traversée des gorges de Palestro pour être confronté à la réalité: nous étions en guerre. Arrivés à Bordj Bou Arreridj, nous fumes entassés comme des sardines dans les camions et direction M'Sila et le 12ème RCA. Puis répartition dans divers escadrons, séparation des copains de classe, et pour moi le 3ème escadron qui se trouvait au Ksob. Le Capitaine CHARPENTIER qui commandait l'escadron m'affecta au 1er peloton. Le lieutenant chef du peloton ? je ne m'en souviens plus car nous ne le voyons presque jamais. Son adjoint, le MDL/Cher MERIC, un homme super, connaissant très bien la mécanique, la vie du bled, sachant se faire respecter et respecter ses hommes.
En haut de la cour, le mess des officiers et les cuisines, puis les bureaux. Le 3ème peloton se trouvait derrière le bâtiment réservé aux Officiers du GMS qui logeaient avec leurs épouses. Au fond, notre foyer, et au milieu de la cour, les tentes des prisonniers entourées de barbelés avec deux chiens qui faisaient le tour.
10 mois de ce camp avec beaucoup d'escortes sanitaires vers BBA et Sétif, de nombreuses sorties de nuit avec interruption de 25 jours, car l'AMM8 était HS. Puis une permission de 21 jours tant attendue.
Au retour, grosse déception car les collègues étaient sous des tentes dans la cour, car il y avait des Spahis dans notre bâtiment ! Il y avait également eu un changement de Capitaine, de Lieutenant chef de peloton, et le MDL Chef qui était muté quelques jours plus tard à l'atelier régimentaire de M'Sila. Suivit diverses opérations sur Guellalia et Bir el Arbi, où le 1er et le 3ème peloton vont se fixer. Le Capitaine GENTIL arrive à Guellalia. Le Lieutenant VALANTINI vient au 1er peloton. C'est un homme dont je ne louerai jamais assez les qualités, mais qui ne restera que deux ou trois mois. Puis, nouvel encadrement avec le Lieutenant de BORNE de GRANDPRE au 1er peloton et le S/Lieutenant NEGRIE au 3ème peloton. En ce qui concerne le S/Lieutenant NEGRIE, je n'étais pas sous ses ordres, mais un gars de mon pays, que je n'ai jamais revu, n'en gardait que de mauvais souvenirs.
Dix mois à Bir el Arbi, puis une nuit, départ en catastrophe avec armes et paquetages, en direction de je ne sais où dans des villages isolés en moyenne montagne. Il n'y avait que mon peloton pour faire cette opération. Enfin, un mois avant la libération, retour au Ksob dans le bâtiment où se trouvait avant le 3ème peloton. Le 3ème peloton se trouvait maintenant à l'emplacement des tentes des prisonniers dans une nouvelle construction, avec toujours les Spahis à l'entrée.
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Chasseur Francis PARROT au 3ème Peloton
Je suis très heureux, en tant qu'ancien du 12ème RCA, de venir, par ce courrier, vous apporter mon témoignage sur cette période de ma vie de 27 mois que j'ai passée dans cette Unité et pour laquelle je garde un excellent souvenir. En effet, je ne suis pas très moderne, car je suis une des rares personnes à ne pas posséder encore internet, mais je vous promets que dès que j'en aurai l'occasion, je n'oublierai pas de me connecter sur votre site. En effet, notre camarade Albert YBERT est quelqu'un que je connais bien, nous sommes toujours en rapport et nous avons passé la totalité de notre service ensemble. Nous faisions tous les deux partie d'un équipage sur AMM8, lui était pilote et moi tireur, puis chef de bord, et ceci pendant deux ans. Inutile de vous dire le nombre de kilomètres que nous avons parcouru ensemble de jour comme de nuit. Notre rôle principal était les patrouilles, opérations, ouvertures de route, escortes sanitaires, etc...Après quatre mois de classe au Lido à coté d'Alger, nous avons été incorporés au 12ème RCA à M'Sila, dans le Constantinois, puis à Bir-el-Arbi près de Bou-Saada.
Je garde de cette période un merveilleux souvenir, même si parfois il y avait du danger, mais quand on a vingt ans, on ne pense pas à ça. Vous me demandez des récits, des témoignages, des commentaires, j'en ai bien sur plein la tête, mais par écrit, il est difficile de les développer. Il y en a tellement...Mais sachez, cher camarade, que cette période de ma vie est inoubliable. Pas un jour ne passe sans que j'y pense ou que j'en parle avec ma femme. J'ai connu au 12ème RCA des Officiers et S/Officiers "engagés" de très grande qualité auxquels nous avions entièrement confiance. Il y avait une excellente camaraderie entre nous, les appelés du contingent, et en un mot, je suis fier et heureux d'avoir servi mon Pays dans un tel Régiment. Je ne sais si ma lettre sera mentionnée dans votre blog, mais si cela était, je suis sur que ceux des camarades, qui eux possèdent internet, me reconnaitront. Dès que possible, je vous enverrai quelques photos.
Brigadier Michel PAULIN 58 2/B au P.H.R.
J'ai été affecté directement en Algérie. Je suis du dernier contingent à avoir débarqué à Alger du "Kérouan", le 7 novembre 1958 en civil. Après la piqure règlementaire par un lot frelaté qui généra un grand nombre d'ictères, nous fûmes acheminés vers Fort de l'Eau, au CIABC du Lido.
Deux mois de classes plus deux mois de spécialisation de secrétariat et je fus dirigé vers le 12ème RCA à M'Sila. Aussitôt, dans la foulée, je fus affecté au camp du 3ème Escadron au Ksob, aux ordres du Capitaine CHARPENTIER. Début mars 1959, j'étais au PHR en tant que secrétaire où je suis resté jusqu'à ma libération en janvier 1961. Mon chef direct était le MDL/Major THOMAS, le PHR était sous les ordres de l'Adjudant LEFEVRE, remplacé en 1960 par le MDL/Chef CORTICCHIATO.
Le Peloton détaché à Medjez, il me semble le deuxième peloton, était commandé par l'Adjudant/Chef THYMEN, qui fut promu S/Lieutenant en 1960. A Bir Guellalia, le PHR devait être encore commandé par le MDL/Chef CORTICCIATO, Adjudant de quartier. Un peloton de combat occupait le camp avec le PHR qui devait être le 2ème ou le 4ème Peloton. Mon séjour à Bir Guellalia fut assez bref- décembre 1960/janvier 1961-. A cette époque, il n'y avait aucun instituteur à l'école de Bir Guellalia.
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12_RCA_DEYDIER_petit MDL Gilbert DEYDIER - 57 2/C - 2ème Peloton
Incorporé au CIDB de Trèves en Allemagne le 2 janvier 1958, j'ai effectué mes classes comme tireur sur char M24. J'ai quitté le CIDB le 12 juin suite aux évènements de 1958. Après Marseille et Alger, je suis arrivé à M'Sila le 14 juin. Quel dépaysement ! De là, j'ai rejoint le 3ème Escadron au Bordj Aïn-Hamiane qui était commandé par le Lieutenant CHARPENTIER et le Lieutenant HOUDARD en second. Je fus affecté au PHR comme chauffeur et interprète du Lieutenant CHARPENTIER, sous les ordres de l'Adjudant d'Escadron FAUCHERE.
La mission de l'Escadron était la reconnaissance, le renseignement, les opérations, l'action psychologique sur les souks, la création d'une Harka à cheval. Au cours d'une patrouille, nous sommes passés au village de Mechta Casbah complètement désert, que les historiens surnomment Melouza à la TV. Dans le courant de l'été, l'Escadron quitta Aïn-Hamiane pour aller au Ksob, plus spacieux, mais aussi poussiéreux, remplacé par la Gendarmerie Mobile. Au Ksob, l'Escadron assura la surveillance et la protection de la route M'Sila- BBA.
En 1959, le 2ème Peloton de l'Adjudant/Chef TYMEN, que je rejoindrai après avoir effectué le peloton CA2, quitta le Ksob pour Medjez, avec les MDL MOUSSEAU et BONTEMPS. Le Peloton s'installa dans une mechta au plus près de la population, en attendant la construction du poste effectuée par le Peloton et par la Harka. Les missions étaient toujours les mêmes. Nous participions aussi à la construction de l'école de Medjez, des pistes pour accéder au Hodna, à la création d'une nouvelle Harka que j'ai eu l'occasion de commander quelques mois sous les ordres du MDL CORTICCIATO et avec le Sergent BEN DOUDA. Nous faisions aussi de l'Assistance Médicale Gratuite aux villages des alentours.
Je garde de cette période pleins de souvenirs et d'anecdotes qu'il est difficile de développer, mais aussi de l'amertume. Je pense souvent aux Harkis, à la population de Medjez et des villages environnants. Que sont-ils devenus ? J'ai quitté Medjez le 28 avril 1960.
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12_RCA_NONNEZ_petit MDL Alain NONNEZ.
Arrivé à Medjez en octobre 1959, le chef de poste était l'Adjudant/Chef TYMEN. Il y avait aussi un Chef, mais son nom m'échappe.
Après quelques mois, j'ai été le chauffeur de l'Adjudant/Chef TYMEN. Je reconduisais souvent le chef responsable de la Harka.
Passé Brigadier le 16 septembre 1960, nous sommes partis pour Guellalia au poste à l'opposé du PC du Capitaine. Après le départ de l'Adjudant/Chef TYMEN, c'est le Lieutenant GRAFF qui a pris le commandement du poste. Le 1er mai 1961, j'ai acquis le grade de MDL. J'étais chef de voiture.
Nous avons abandonné Guellalia en juillet 1961 pour repartir à Medjez où j'ai été libéré en septembre 1961. Voila mon parcours au sein du 12ème RCA.
 
12_RCA_BEFFERAT MDL Jean-Pierre BEFERA- 60 2/B -
J'ai été incorporé au Mans une journée, puis à nouveau une journée à Marseille avant de rejoindre le camp du Lido où j'ai effectué une formation de tireur AMM8. J'ai ensuite rejoint le 5ème Escadron du 12ème RCA à Beni Ilmane pour être tireur AMM8 avec le MDL CONSTANTIN comme chef de voiture (Un grand gaillard de plus d'un mètre 90). Après Beni Ilmane, nous sommes allés à Bichara, puis au camp de Djorf. En Mars 1962, j'ai quitté le 5ème Escadron pour être dirigé sur le 3ème Escadron au Ksob. Il me semble que le Brigadier Chef LEROUDIER était chef de chambre. J'ai passé le peloton CA2 à M'Sila avec Maurice CARLUS (Max). Puis le 3ème Escadron a déménagé à Mansourah, sur un piton et enfin à la ferme de Mac Donald jusqu'à ma libération le 21 octobre 1962. Je ne me souviens plus de mon Chef de Peloton à Mac Donald où j'étais chef d'AMM8, mais j'ai bon souvenir du Capitaine GAVIGNET, du Lieutenant RIBES, du Chef THOMASS, des MDL AUDIERNE, ROY, LAKDAR.
12_RCA_ENOCH_portrait_modifi__1 MDL/Chef Marcel ENOCH
Il est arrivé en Algérie avec le 21ème Régiment de Dragons qui venait du Maroc dans le courant de l'été 1958. Ce Régiment a d'abord été affecté à la protection des chantiers d'installation du pipe-line Hassi Messaoud - Bougie, en particulier dans la vallée de la Soummam. Ensuite, son Escadron a été rattaché au 12ème RCA et mis à la disposition du Secteur de M'Sila jusqu'à la dissolution du 21ème Dragons en février 1959. Le Chef de Corps du 12ème RCA l'a alors affecté au 3ème Escadron avec le Capitaine CHARPENTIER. Il a participé aux opérations "Etincelle" et "Jumelles". Ses fonctions au 3ème Escadron : Chef de véhicule AMM8, puis Chef de groupe à Medjez sur Half-track au Peloton TYMEN, et enfin Chef de Patrouille AMM8 puis Adjoint du S/Lieutenant de GRANDPRE.
 
12_RCA_JUIGNER_petit_copie MDL Pierre JUIGNER - 57 1/C - 4ème Peloton.
Ce soir là 28 juillet 1959, le 4ème peloton du 3ème escadron fête le départ de notre Mdl Chef Jean-Claude Briche (chef très estimé de tout son peloton). Nous nous sommes cotisés pour organiser un repas très amélioré avec boissons de qualité. Les tables sont dressées dans la cour de notre ferme SAR et la dizaine de cynophiles se sont joints à nous.
Alcool aidant et créant évidemment une ambiance par des chansons bien paillardes et du rire inhabituel, la nouba s'est terminée tard le matin avec des chasseurs d'Afrique bien éméchés. Tout ça sous la garde de notre sentinelle du haut de son mirador que nous devions relayer très souvent afin que tous participent.
La nuit a été de courte durée et j'avais omis de prévenir la garde de me réveiller à 7h car une mission qui m'était dévolue devait se faire à 7h30. Mon réveil fut brutal comme l'ensemble du poste : une explosion, je comprends tout de suite, et malgré ma gueule de bois, je fonce coté nord de la ferme là où un chemin traverse notre cantonnement, celui-ci doit être fermé la nuit. Pour assurer notre protection, j'ai la mission de piéger à l'aide d'une grenade offensive la frise de barbelés le soir vers 19h jusqu'au matin 8h. Là j'ai failli et boum !
Je découvre un brave fellah qui se rendait au souk et qui a voulu ouvrir lui même le chemin, à plat ventre et très effrayé, le baluchon à quelques mètres et le bourricot qui courrait au loin. Je prends des nouvelles de sa santé, le remets sur pied et présente mes excuses. Une fois remis en route, après le départ de ce brave fellah, un fou rire général et des quolibets du type : tu fais la bombe et tu oublies la grenade !!!!
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                                                                                                             Collection P. Juigner
 
12_RCA_GRANDJEAN_portrait Brigadier Claude GRANDJEAN - 62 2/B - Peloton de VILLIERS.
Je suis arrivé au 12ème RCA en janvier 1963 avec mon ami Michel GREGEOIS. Nous venions de Carpiagne et nous devions, à l'origine, rester au camp au camp comme instructeurs. Seulement, en rentrant de perm après noël 1962, nous avons appris le changement de programme, et notre affectation au 12ème RCA. Nous sommes partis début janvier 1963 sur le "Ville d'Alger" pour rejoindre Aïn-Arnat. Après un court temps à la base, nous avons été séparés : Michel GREGEOIS a été affecté au 4ème Escadron et moi-même au 3ème. Nous nous retrouverons à Bougie en octobre 1963 et pour le retour du Régiment vers la France, en novembre 1963, d'abord avec le matériel à Marseille, puis pour quelques semaines au camp de Sissonne, sous la tente, dans le froid et l'attente d'être libérés.
Pour ma part, quand je suis arrivé au 3ème Escadron, c'est d'abord à la ferme Sainte-Cécile que j'ai été affecté, pour un court temps, comme plus ou moins responsable du mess S/Officiers, puis, par ordre du Capitaine GOLDSTEIN, je me suis retrouvé à la ferme Sainte-Croix pour gérer le petit mess Officiers, dont j'ai gardé le meilleur souvenir. Il y avait 3 ou 4 Officiers à ce moment là. J'y suis resté jusqu'à notre départ pour Bougie. Je me souviens du chauffeur du Capitaine GOLDSTEIN qui était savoyard, mais dont j'ai oublié le nom, mais pas la cuite qu'il a prise à cause des vapeurs d'alcool, en faisant une fondue pour les Officiers. Il l'avait un peu trop chargée d'alcool.
12_RCA_GRANDJEAN_Saint_Croix_1963__2
Quelques photos, notamment avec le chien "Sultan" que m'avait donné le Peloton Cynophile. Ce chien est rentré avec moi en France et a fini ses jours en Alsace. Autres documents, mon diplôme de bonne conduite et la perm de deux mois qui nous avait été faite, notre classe étant la première à passer de 18 à 16 mois.
12_RCA_GRANDJEAN_Permission_pour_les_2_mois_entre_les_18_et_16_mois_copie
 
Citations et témoignages de Satisfaction.
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Diplôme de la Médaille Militaire et Citation du MDL Pierre JUIGNER du 4ème Peloton

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                                                                                                                          Collection P. Juigner
La remise officielle de la Médaille Militaire à Pierre JUIGNER s'est déroulée le Jeudi 8 mai 2014 à Tours par le Général RIPOLL, Commandant la place de Tours.

remise MM Pierre JUIGNER

Collection P. Juigner
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Citation du Chasseur de 1ère Classe Michel DESTENAY
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Collection M. Destenay
Personnages du 3ème Escadron.
Le Capitaine Georges GAVIGNET (1919-2003)
Commandant l'Escadron de Mars 1962 à Novembre 1962
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Venant du 8ème Régiment de Cuirassiers de La Valbonne, le Lieutenant GAVIGNET est affecté au 2ème Escadron du 12ème RCA le 25 octobre 1960, comme Lieutenant en Premier du Capitaine CLAVIE. Au départ du Capitaine CLAVIE, il reste Lieutenant en Premier du Capitaine BASTIAN. En Octobre 1961, il rejoint l'ECS pour tenir le poste d'Officier d'optique. Le 1er janvier 1962, il est promu Capitaine. Le 11 mars 1962, il prend le Commandement du 3ème Escadron qui se trouve alors au barrage du Ksob. Le 1er décembre 1962, il quitte le Régiment pour rejoindre sa nouvelle affectation à Bône (Algérie) au 4ème Régiment de Chasseurs à Cheval. Admis à faire valoir ses droits à la retraite le 6 juillet 1964, il décède le 31 octobre 2003 à l'âge de 84 ans.
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1961 - 1962 - Ksob - MDL Michel ROY du 3ème Peloton.
Nous avons appris son décès en 2002, victime d'un accident cardiaque. Michel ROY, séminariste lorsqu'il faisait son service militaire au 3ème Peloton, était toujours à l'écoute de tous. Toujours prêt à rendre service et réactif aux ordres qu'il accomplissait scrupuleusement. Il avait été ordonné Prêtre le 19 décembre 1965. Il enseignait au Grand Séminaire de Montauban. Tous ceux qui l'aimaient le regrettent vivement.
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                                                                                                             Collection Famille Roy.
 
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                                                                                                                Collection CAuboin
Mai 1962 - MDL ROY lors d'une mission de surveillance des ponts et de la ligne
de chemin de fer Alger- Bordj Bou Arreridj. Photo prise entre les
Portes de Fer et Mansourah des Bibans.
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                                                                                                                    Collection JRenault
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Janvier 1962 - Ksob - Chasseur Daniel DASSE du 3ème Peloton
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                                                                                                         Collection DDasse
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Janvier 1962 - Ksob - Chasseur Bernard AVYN du 3ème Peloton
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                                                                                                             Collection DDasse
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L'Adjudant/Chef Aimé FAUCHERE 
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                                                                                                                     Collection Famille Fauchere
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Hiver 1961 - 1962 - KSOB - Brigadier RENAULT & Chasseur AVYN du 3ème Peloton.
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                                                                                                                   Collection JRenault
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Hiver 1961 - 1962 - Ksob - Chasseurs AVYN & BRETHOUS du 3ème Peloton.
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                                                                                                               Collection D.Dasse
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1961-1962 - Ksob - Adjudant Pierre BORGOMANO, deuxième en partant de droite, du 1er Escadron, en visite au mess S/Officiers du 3ème Escadron.
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                                                                                                              Collection DDasse
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1962 - Ksob - Brigadier Jacques RENAULT du 3ème Peloton.
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                                                                                                             Collection JRenault
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Début 1962 - Ksob - Chasseur GALLAIS du 3ème Peloton.
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                                                                                                            Collection JRenault
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Août 1961 - Chasseur André MAGNAUDET du 3ème Peloton au poste de Zitoune
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Collection A. Magnaudet
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Janvier 1962 - Ksob - Chasseur X du 3ème Peloton (à identifier).
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                                                                                                                       Collection JRenault
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Début janvier 1962 - Ksob - Brigadier Edouard SERVOUR du 3ème Peloton.
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                                                                                                                        Collection JRenault
Juin 1962 - Brigadier SERVOUR
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                                                                                                                                 Collection Famille Servour
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Mars 1962 - Ksob - MDL Maurice CARLUS du 2ème Peloton.
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                                                                                                               Collection DDasse
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Mars 1962 - Ksob - MDL Maurice CARLUS du 2ème Peloton.
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                                                                                                                Collection DDasse.
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Mard 1962 - Ksob - Brigadier/Chef Claude LEROUDIER, pilote de l'AMM8 "Tricastin".
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                                                                                                             Collection DDasse
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1961 - Camp de Djorf - Brigadier Albert YBERT du 3ème Peloton, pilote d' une AMM8.
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                                                                                                                Collection A. YBERT
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1960 - Chasseur Francis PARROT.
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                                                                                                                       Collection F. Parrot
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1962 - Ksob - Chasseur Richard LEISSER du 3ème Peloton.
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                                                                                                                      Collection Famille Leisser
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Sur le bateau, retour en Métropole. de gauche à droite: Chasseur Michel LETISSIER, Brigadier Jean JUNG et X.
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Collection J. Jung
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Le Brigadier Jean JUNG.
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                                                                                                  Collection J. Jung
Le Chasseur de 1ère Classe Claude TETARD
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 Collection C. Tétard
D I V E R S
Carte de Voeux de l'Escadron de 1960
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Extrait le journal " Bled " du 8 juillet 1960 :"Film d'Unité"
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                                                                                                         Collection A. Thieriot.
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RENCONTRES D'ANCIENS CAMARADES
A l'occasion de la fête de la Saint-Georges au 12ème Régiment de Cuirassiers le 23 avril 2015, le Chasseur André MAGNAUDET et son ancien Chef de Peloton, le S/Lieutenant AUBOIN, 53 ans après.....

Chasseur MAGNAUDET 1

 

  Les mêmes...entourés d'anciens du 8ème Régiment de Chasseurs.     ,

Chasseur MAGNAUDET 8

Collection A. Magnaudet

 

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Le 31 août 2012, chez Daniel DASSE près de Soissons (Aisne), trois anciens Camarades du 3ème Peloton se retrouvent, le Brigadier Jacques RENAULT et les Chasseurs Daniel DASSE et Bernard AVYN, pour parler...de tous ceux qu'ils ont cotoyés au 12 RCA, de leurs souvenirs du Ksob, de Mansourah, de Mc Donald etc... De gauche à droite : Bernard AVYN-Jacques RENAULT-Daniel DASSE. 
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Collection D. Dasse
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Pour nous joindre : auboin.claude@wanadoo.fr

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